Éclairage public : gaspillage et pollution lumineuse
En partant du principe que l’énergie la plus économique et la moins polluante est celle que l’on ne consomme pas, nous sommes nombreux à rester sans voix chaque année lorsque les fêtes de fin d’année approchent et que la plupart des villes, villages et maisons individuelles s’illuminent de toutes parts.
Synonyme de progrès, l’éclairage public, la mise en valeur du patrimoine et les illuminations de Noël gagnent chaque année du terrain. De 1990 à 2000, le nombre de points lumineux d’éclairage public a augmenté de 30% en France. Ouvrez l’œil et vous vous rendrez compte de l’ampleur du problème : les lampadaires éclairent souvent le ciel et les zones éclairées s’étendent, donnant des allures de pistes d’atterrissage à certaines zones industrielles. Le paradoxe des ampoules économes, c’est ce que l’on nomme effet rebond : elles consomment moins donc on en met plus. Est-ce réellement un progrès ? Est-il judicieux d’éclairer des rues désertes en pleine nuit ?
Légalement, les communes ne sont pas dans l’obligation d’éclairer. Par contre, dès lors qu’elles décident de le faire, elles doivent le faire bien et respecter les normes en vigueur.
Face à ce constat, de plus en plus de communes font le choix d’éteindre complètement l’éclairage en pleine nuit, par exemple de 23 h à 5 h du matin. Cette mesure, peu coûteuse, est rentabilisée rapidement car elle génère une baisse importante de la facture énergétique. Les technologies aujourd’hui disponibles permettent également de faire varier la puissance au cours de la nuit.
Le frein n’est pas technique mais bel et bien psychologique et sociétal. La sécurité sert souvent de motif pour ne rien changer. Pourtant, aucune étude ne montre de corrélation entre l’absence d’éclairage et les faits de vandalisme ou d’accident. Pour surpasser cette peur de l’inconnu, une réflexion peut être mise en place dans les communes pour analyser les besoins réels et repenser les solutions. Bien éclairer c’est en effet et avant tout éclairer au bon endroit, au bon moment et avec une juste mesure : la puissance des ampoules doit être adaptée aux usages : centre ville, quartier résidentiel, voie piétonne, carrefour, ... Comme souvent, il n’y a pas une mais des solutions. Sur le plan environnemental, l’éclairage public contribue fortement à la pollution lumineuse, notamment à cause de technologies mal conçues ou inadaptées qui éclairent directement ou indirectement le ciel et les espaces naturels (voir schéma ci-contre). Dans ce registre, l’interdiction des « lampadaires boules » serait justifiée. Le secteur public n’est pas seul responsable, les entreprises, les commerces et les particuliers contribuent également à cette pollution. Des progrès restent à faire pour réduire notre impact sur l’environnement. Demain, qui sait, pourrons-nous à nouveau observer les étoiles la nuit tombée ?
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- L’éclairage public français en quelques chiffres :
- Puissance : 1 260 MW (9 millions de lampes), soit l'équivalent de la puissance d'un gros réacteur nucléaire. - Dépense communale : 23 % de la facture globale d’énergie et 38 % de la consommation d’électricité. - Consommation : 91 kWh par habitant et par an soit deux fois plus qu’en Allemagne (43 kWh/habitant/an). Source : CEREN, ADEME - Eclairage public efficace en Suisse
- La pollution lumineuse désigne l’impact de la lumière artificielle sur l’environnement, notamment sur la faune, la flore et les écosystèmes (modification du milieu naturel, régression, disparition ou accroissement d’espèces, ...). On parle également de pollution lumineuse pour désigner la présence nocturne anormale ou gênante de lumière (frein à l’observation du ciel étoilé, ...).
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